Au Temps du Neolithique....

 

La révolution néolithique  se déroula, dans la vallée du Nil, à partir du sixième millénaire.

 

Les habitants du paléolithique , nomades, vivaient de la cueillette, de la chasse et de la pêche...autrement dit, ils se comportaient en prédateurs. Progressivement, ils découvrirent les techniques de l'agriculture et de l'élevage... ils devinrent producteurs. Ce nouveau mode de vie entraîna une  sédentarisation afin de rester à proximité des surfaces ensemencées. L'habitat se transforma (passage des maisons circulaires, en matériau peu solide à des rectangulaires, plus résistantes), de nouvelles techniques se développèrent , notamment pour entreposer les produits de l'agriculture. Ainsi apparurent la poterie, la vannerie et le tissage.
Cette évolution fut en grande partie liée à une modification du climat qui entraîna un lent dessèchement des régions septentrionales du continent africain. Les populations se réfugièrent dans les marécages et la plaine alluvionnaire du Nil où elles trouvèrent un sol favorable pour leurs semis. Le Nil était synonyme de vie: chaque année, il débordait et laissait, lors de la décrue,un limon très fertile. Les céréales devinrent la base de l'alimentation et les hommes furent délivrés du souci constant de trouver la nourriture. Bénéficiant d'un peu de loisirs, ils purent les consacrer à l'élevage du bétail. Par ailleurs, les tâches de la vie courante devenant de plus en plus spécialisées selon le sexe et l'habileté de chacun, une organisation se mit en place. Les premiers villages se formèrent.

Il est certain qu'au fil de cette évolution, le rôle de la femme se modifia aussi. Elle devint probablement déjà "la maîtresse de maison" et certaines tâches durent lui incomber plus particulièrement.

En l'absence de documents écrits concernant la préhistoire, seuls les objets retrouvés dans les vestiges de cette époque permettent de reconstituer en partie le mode de vie des premiers Egyptiens. De tels témoignages ont été retrouvés en divers sites, en Haute et en Basse-Egypte, et ont révélé différentes cultures. On distingue plusieurs phases dans le développement de ces cultures dont les plus importantes sont celles de Negada, site où furent découverts les plus nombreux vestiges.

 

(carte des sites extraite du cours de Michel Guay: "La Civilisation de l'Egypte des Pharaons")

Périodes dates Delta Fayoum Vallée
1ers villages 5500-4500 av.JC Merimda Fayoum A Badari
prédynastique ancien 4500-4000

Omari A

(Helouan)

 

Amratien

(Negada I)

prédynastique moyen 4000-3500 Omari B  

Gerzéen A

(Negada II)

prédynastique récent 3500-3300 Maadi   Gerzéen B (Negada III)

Ces civilisations sont essentiellement connues par les cimetières. Les restes d'habitations donnent peu de renseignements car elles ont mal résisté au temps. Par contre, dans les tombes, on a trouvé les objets que les habitants de Negada ont voulu emporter avec eux...ce sont les plus beaux . Il y a beaucoup de vases...mais de luxe, probablement plus soignés que ceux qu'ils utilisaient dans la vie quotidienne. Ils voulaient y mettre les provisions qu'ils emportaient dans l'autre monde. Il y a aussi, chez les hommes comme chez les femmes, des objets de parure, des bijoux. des palettes à fards. Les tombes les plus riches contiennent aussi des sculptures en ivoire, pierre ou terre cuite dont la signification n'est pas connue: images divines? compagnons pour l'au-delà? serviteurs ? Ce sont des statuettes, masculines ou féminines, qui dansent, bras levés

 

 

 

Ces danseuses sont parfois nues ou parfois portent une longue jupe. Le bas du corps est très simplifié tandis que le haut du corps est plus détaillé. Cependant, le visage peut être réduit à une sorte de bec. Ces statuettes, souvent en ivoire, étaient déposées dans les tombes, peut-être pour servir les défunts. Les plus anciennes ont été trouvées à El-Badari. Dès ce moment, on trouve sur elles une particularité: un trou de faible profondeur creusé au-dessus de chaque fesse, semblant représenter une fossette. On trouvera ce même type de fossette sur des statuettes masculines.

 

 

Cette figurine, en ivoire, a été retrouvée sur le site de Badari. Elle daterait de la fin du Ve millénaire av.JC. (British Museum, Londres)

 

Statuette en argile crue, datant de la période amratienne, milieu du IVe millénaire av.JC (Turin)

Les formes corporelles sont d'une grande puissance expressive. Les yeux sont soulignés de fard vert alors que le corps présente des tatouages (zoomorphes et végétaux sur le dos).

 

Figurine en ivoire, remontant au Negada I (Louvre, Paris). Les attributs féminins sont particulièrement représentés.

 

Statuette en terre cuite, provenant du site de Mamariya, datant du Negada II (milieu du IVe millénaire av.JC. Brooklyn Museum, New-York). La tête évoque celle d'un oiseau, les hanches sont larges et les bras levés. Ce schéma corporel est fréquent dans les peintures de la seconde période du Nagada.

 

Quelle était la signification de ces figurines ?

Il est probable qu'elles soient en rapport à la fois avec le rôle de la femme dans la révolution agricole, la mise en place d'une économie de production et le culte rendu à des divinités pour favoriser la fertilité et la fécondité. Cependant, il faut rester prudent dans l'interprétation et il se pourrait que ces figurines, trouvées dans les tombes, aient eu diverses fonctions: jouets (poupées), ex-votos, pièces rituelles... La relation à la déesse-mère a été souvent évoquée pour des statuettes de ce type. Cette notion d'une divinité féminine présidant aux premières sociétés agricoles se retrouve un peu partout à la période préhistorique. La terre, par sa fonction "dispensatrice de vie" était rapprochée de la femme "génitrice". L'aspect corpulent de certaines statuettes serait le symbole de cette fonction de fécondité, de fertilité.

En Nubie, on trouve le même type de figurine: 

...trouvée à El-Kadada (cimetière A)

(néolithique)

On a voulu y voir l'image d'une femme enceinte, symbole de fertilité.

La théorie d'une "déesse-mère" est controversée mais on peut affirmer qu'à l'époque néolithique, la femme jouait un rôle important et reconnu tant par sa maternité que par sa participation aux travaux agricoles et à l'élevage du bétail.

 

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