adolescence

 


Titaou a 10 ans. Titaou a grandi. Elle est maintenant apte à gérer la maison et seconde fièrement sa mère. Non seulement elle s'acquitte, avec compétence, des tâches ménagères, mais elle s'occupe aussi de ses jeunes frères et soeurs. C'est une petite femme accomplie.
Elle vient de franchir une étape supplémentaire: son corps se transforme et la survenue de ses premières menstruations la projette dans le monde adulte. Fini la tresse de l'enfance, terminés les jeux innocents. Désormais, elle pense à rencontrer son futur époux et se prépare à avoir sa propre maison.
Pourtant, elle poursuit son instruction et rêve de pouvoir exercer, par ailleurs, une profession intéressante.

Un jour venait où la fillette ne pouvait plus se vêtir d'un simple collier mais devait porter une robe et abandonnait la mèche de l'enfance.

 

puberte

 

 

L'apparition des menstruations est peu documentée dans les textes dont nous disposons. Nous ne pouvons comprendre comment les adolescentes percevaient ce passage à l'âge adulte. Quant à l'aspect pratique de la protection hygiénique, les découvertes faites à Deir el-Médineh apportent certaines réponses. En effet, on a retrouvé des listes de vêtements à nettoyer et notamment des "bandes du derrière" (serviettes faites de deux épaisseurs de lin que l'on donnait à nettoyer avant de les réutiliser [Joyce Tyldesley: "Les femmes dans l'ancienne Egypte" p143]). Il semble que les femmes étaient considérées comme impures pendant la période de leurs menstrues.
Selon Lynn Meskell, le terme désignant le cycle menstruel, Hsmn, avait la même racine que le mot "natron", impliqué dans la purification. Ce serait un euphémisme ! Il semble, d'après Wilfong T.G. qu'il existait, à Deir el-Medineh, un "lieu des femmes", construit à l'extérieur du village, cabane où se retiraient les femmes en période menstruelle. Il est certain que l'absence momentanée des femmes et surtout si elles étaient plusieurs (ce qui semble avoir été le cas en raison d'une certaine synchronisation de ces périodes parmi les femmes d'une même communauté, phénomène actuellement bien connu) ait créé des problèmes dans la vie sociale et motivé certaines absences du personnel masculin sur les lieux de travail. On possède en effet des régistres de travail de la Vallée des Rois dans lesquels certains hommes prenaient congé à ces périodes pour faire fonctionner la maisonnée.

L'excision était-elle pratiquée? Rien ne nous permet de l'affirmer. Un texte de Strabon introduit le doute:

" L'une des coutumes observées avec un soin extrême par les Egyptiens consiste à élever chaque enfant qui voit le jour, et à pratiquer la circoncision des garçons et l'excision des filles, comme il est aussi d'usage chez les Juifs , qui sont d'origine égyptienne." (Joyce Tyldesley. "les femmes dans l'ancienne Egypte" p143)

Cependant, on n'a jamais trouvé de momie de femme excisée. Il faut remarquer, toutefois, que les corps examinés étaient tous issus de la haute société et que les pratiques des classes inférieures auraient pu être différentes.

Christiane Desroches Noblecourt fait remarquer que de très rares textes parlent de "jeunes filles qui n'ont pas été coupées". Ceci pourrait suggérer une mutilation rituelle pour les filles au même titre que la corconcision pour les garçons. Par contre, les transports amoureux dont on parle dans les Chants d'amour paraissent totalement incompatibles avec une excision totale. Il reste la possibilité que ces chants soient de simples fantasmes.

Pour les femmes, les différentes étapes de la vie n'étaient peut-être pas aussi nettes que nous l'imaginons avec notre esprit moderne. Certains auteurs, comme Lynn Meskell (Vies privées des Egyptiens), suggèrent que les fillettes étaient précocement considérées comme des êtres sexuels et mêlées à des scènes érotiques. Nombreuses sont les représentations où on les voit nues ou à demi-nues, associées à des symboles comme des fleurs de lotus, portant des ceintures sur les hanches et munies d'instruments de musique. L'association de fillettes à la sexualité est fréquente dans l'imagerie qu'elle soit réelle ou imaginaire et cette situation devait être acceptée. Ces éléments semblent suggérer que leur rôle social et sexuel commençait très tôt. Il ne faut pas oublier que l'âge du mariage était de douze ou treize ans pour les filles (seize à vingt ans pour les hommes, selon les sources) et cela faisait dire qu'il n'y avait pas d'adolescence pour elles.

Depuis quelques temps, Titaou est rêveuse. A diverses reprises, elle a rencontré Ahmosé, fils d'un ami de son père. Comme elle, il suit les cours de la Maison de Vie mais, âgé de 16 ans, il arrive au terme de cette instruction et veut devenir scribe, au service du roi. Non seulement il a fière allure mais ses propos sont intéressants.  Chaque fois que la jeune fille croise son regard, elle se sent troublée et pense qu'elle aimerait partager la vie de ce jeune homme. De son côté, lui n'est pas insensible au charme de la jeune fille mais il se dit qu'il doit d'abord poursuivre sa formation. Son père, chef des peintres du temple d'Amon, a promis de le faire entrer en apprentissage auprès de l'un des scribes du Premier Prophète. S'il veut gravir les échelons de l'administration, il doit montrer du zèle et ne pas se ménager pour y parvenir. Il pensera à vivre avec une femme plus tard !
D'un commun accord, les jeunes gens ont décidé d'attendre avant de fonder un foyer et Titaou va se perfectionner en vue de son futur rôle de "maîtresse de maison".

Quel pouvait être le devenir des fillettes ayant suivi un enseignement ?

En principe, elles pouvaient espérer entrer dans les carrières administratives et il n'existait pas d'opposition à leur progression. Même des postes à responsabilité pouvaient leur être ouverts. Cependant, dans la pratique, peu d'entre elles avaient la possibilité de poursuivre une carrière. Elles se "mariaient" jeunes et se laissaient absorber par les tâches familiales. De plus, l'absence de contraception efficace les plaçait rapidement face à une famille nombreuse. Elles n'avaient donc pas l'occasion de poursuivre une formation qui pourtant avait bien débuté.

Les possibilités d'accession à un apprentissage et ensuite à une profession semblent avoir évolué au cours du temps.

Pendant l'Ancien Empire, il ne fait aucun doute que de nombreuses femmes exercèrent, dans l'administration, des fonctions à responsabilité. L'Histoire garde le souvenir de dame Péséshèt, directrice des femmes-médecins (IVe dynastie) et de dame Nebet, vizir (VIe dynastie) tandis que Christiane Desroches Noblecourt signale plus d'une vingtaine de titres portés par celles qui avaient suivi des études de scribe :


" Les femmes ayant fait des études de scribe pouvaient entrer dans l'Administration: les titres qu'elles portaient ne laissent aucun doute à ce sujet. H. Fischer en a relevé plus de vingt-cinq diférents, dont ceux d'intendante, chef du département des magasins, contrôleur des magasins royaux, inspecteur de la salle à manger, inspecteur du Trésor, trésorier, surveillant des vêtements, intendante des étoffes, intendante des prêtres funéraires, intendante des pleureuses..., responsable des domaines funéraires, majordome des appartements royaux...

(La femme au temps des pharaons. p.192)

Un petit bémol cependant à ces affirmations au sujet de Peseshet et de Nebet !
Joyce Tyldesley, dans son livre "Les Femmes dans l'ancienne Egypte" (p.254) signale que la dame Peseshet faisait partie d'une famille de prêtres et qu'elle pourrait avoir obtenu   la dénomination purement honorifique de "chef des femmes-médecins". On ne dispose d'aucune information sur le travail des doctoresses.
De même, à propos de Nebet, elle pense que si le titre fut bien donné à celle-ci, la fonction fut, en fait, assumée par son époux Khouy.

Au Moyen Empire, moins de femmes paraissent avoir exercé des tâches administratives, du moins dans les palais royaux, leur fonction de "maîtresse de maison", nebet-per, prenant la prépondérance. Pourtant, on trouve encore certaines fonctions féminines dans l'intendance:" intendante du magasin du lin royal", "responsable du sceau", majordomes, secrétaires...Dans le secteur privé, il n'en était pas de même et on trouve un certain nombre de régisseuses, de trésorières...Joyce Tyldesley rappelle le cas de la dame Tchat, "Trésorière et Gardienne des Biens de son Seigneur". Elle travaillait pour le gouverneur local Khnoumhotep (XIIe dynastie) et on trouve sa trace dans certains tombeaux de Beni Hassan.

Au Nouvel Empire, la tendance est encore plus nette: l'Administration est gérée par les hommes. Ceci n'exclut pas l'intervention des femmes lettrées dans les affaires privées: telle cette propriétaire terrienne qui gère elle-même ses biens comme une véritable femme d'affaires ou encore cette épouse de fonctionnaire qui remplace son mari en déplacement:


" Le meilleur exemple que nous fournit l'Histoire à ce sujet est relaté dans une lettre datant du Nouvel Empire, adressée au scribe de la nécropole , Nes-Aménipet, par sa femme Henouttaouy. Celle-ci raconte comment, à la demande de son mari, elle supervisa l'arrivée des deux vaisseaux apportant le grain destiné à rétribuer les ouvriers thébains. Lors des opérations de déchargement, on découvrit qu'il manquait des sacs, et henouttaouy, sans accuser directement les marins, fit mener une enquête pour identifier les responsables. Personne ne contesta son intervention , même s'il eut été plus normal de voir le fils de Nes-Aménipet assumer ce rôle, et elle assura l'interim avec une remarquable efficacité."

(Joyce Tyldesley. Les Femmes dans l'Ancienne Egypte. p.118)

D'autres occupations pouvaient encore s'offrir aux jeunes filles issues des classes plus aisées:

- celui de nourrice était particulier: bien sûr, pour entrer au service de familles aisées, une nourrice ne devait pas avoir une formation spéciale. Mais il n'en était pas de même pour les nourrices royales. On leur demandait en plus de leur fonction "alimentaire", de suivre l'éducation des princes et princesses. Elles devaient donc être instruites.

- le tissage constituait une activité importante à tous les niveaux. Les ateliers de filature du palais étaient généralement dirigés par des membres du harem royal, issues de la haute société. Pour devenir "Supérieure des ateliers de filature du palais" on imagine qu'une certaine instruction était requise.

- le titre de prêtresse était l'un de ceux les plus appréciés par les femmes instruites. L'Ancien Empire fut l'époque pendant laquelle le clergé féminin fut le plus nombreux. On le retrouve surtout dédié au culte de divinités féminines comme Hathor ou Neith. Elles exerçaient les mêmes fonctions que les hommes et étaient rémunérées de la même façon qu'eux: Prophétesse du dieu (hémèt-nétèr), les pures (ouabout), les surveillantes (ouréshout), les chanteuses (mérout), les joueuses de sistre, les prêtresses funéraires (hémout-ka), les pleureuses (djérout). Pendant le Moyen Empire et ensuite, le Nouvel Empire, la participation des femmes au clergé se réduit de façon très importante et finalement, elles furent cantonnées aux fonctions de "chanteuse d'Amon". Toutefois, des femmes d'origine relativement modeste (épouses de tisserands, de cordonniers...) purent accéder à ce métier.

- la musique, la danse, le chant étaient aussi des voies offertes aux jeunes filles. On enseignait ces disciplines dans les harems. Toutes les festivités, privées ou officielles, s'accompagnaient de musique et les bonnes interprètes ne manquaient pas d'invitations. Elles pouvaient être indépendantes et se produire à la demande ou être attachées à une grande demeure, à un temple. Notons que des hommes exerçaient aussi ces professions.

(1) Tombe de Nebamon, à Thèbes. XVIIIe dynastie (vers 1400 av.JC) Peinture sur stuc. Scène de banquet funéraire.
British Museum.
(2) Danseuse effectuant une figure acrobatique. Peinture sur ostracon. Deir el-Medineh (vers 1500 av.JC)
(3) Tombe de Nakht, à Thèbes. XVIIIe dynastie (vers 1420 av.JC). Peinture sur stuc. Scène de banquet.

 

Quelle était la vie des adolescentes qui n'avaient pas bénéficié de l'enseignement ?

Elles pouvaient avoir accès à certains "petits métiers", proches de l'artisanat. Ainsi, le filage, le tissage, la couture étaient dévolus aux femmes et les adolescentes en apprenaient les rudiments auprès de leur mère. Pour plus de détails sur les petits métiers exercés par les femmes, voir le chapitre sur l'âge adulte.
A la maison, elles secondaient leur mère dans son rôle de maîtresse de maison : elles apprenaient probablement à filer, tisser, coudre, cuisiner pour la famille. Elles s'occupaient aussi des enfants plus jeunes et nourrissaient les animaux..
Celles qui faisaient partie de la classe paysanne, accompagnaient leur mère aux champs et portaient la nourriture aux hommes qui y travaillaient.
Sur les murs de certaines tombes thébaines, on peut voir des scènes de banquet et on y observe des jeunes filles, peu vêtues, servir à boire et à manger, s'occuper des invités. Ces occupations sont plausibles mais on peut toujours se demander s'il en était réellement ainsi dans la vie quotidienne. Ces fillettes pouvaient être les filles de la maison ou des adolescentes engagées comme servantes.

Scènes de banquet funéraire.
(1) et (2). Tombe de Nebamon (Thèbes. XVIIIe dynastie, vers 1350 av.JC)
(3). Tombe de Djeser-karê-seneb.(Thèbes. XVIIIe dynastie, vers 1410 av.JC)
Vêtues uniquement d'une ceinture et d'un collier, des fillettes s'occupent des invités .

 

premieres amours

 

 

 

Parvenue à la puberté, l'adolescente pense à réaliser son souhait le plus cher : rencontrer son futur époux, s'installer avec lui dans sa propre maison et y avoir de nombreux enfants.
L'âge nubile n'est pas défini légalement mais il est généralement admis que les filles pouvaient se marier dès la puberté (12 à 14 ans). Dans les "Textes de sagesse" de Ptahotep (Ancien Empire) comme dans le papyrus d'Ani (Nouvel Empire), on trouve les mêmes conseils donnés aux jeunes hommes:


"Epouse une femme tant que tu es jeune: puisse-t-elle enfanter alors que tu es encore jeune; si tu te maries tôt, tu auras plus de chance d'avoir un héritier mâle d'un âge suffisant pour assurer tes rites funéraires au moment de ta mort"....
"Si tu te maries jeune, tu sauras vite si ta femme est capable de procréer ou non, et dans ce cas, tu auras le temps de répudier ta femme stérile et de contracter un nouveau mariage pour obtenir l'héritier indispensable"...

(M. Della Monica : "La classe ouvrière sous les Pharaons" p.102)

Il n'est pas impossible que des fillettes impubères aient été mariées aussi. Le même Ptahotep fait cette recommandation :


"N'aies pas de rapports sexuels avec une femme encore enfant: tu sais , en effet, que ce qui est défendu, deviendra une nécessité pour elle, et que jamais ne s'éteindra le désir qui est né dans sa chair"

M. Della Monica en conclut que le mariage avec une fillette impubère était possible mais que les rapports intimes étaient interdits jusqu'à la puberté.

L'âge du mariage, pour les hommes, devait se situer entre 15 et 20 ans mais il pouvait aussi exister d'importants écarts d'âge entre les époux.

Les adolescentes pensaient donc très tôt au mariage et de nombreux chants d'amour prouvent que la jeunesse n'entravait nullement les sentiments amoureux :


" Mon bien-aimé a troublé mon coeur avec sa voix. La souffrance s'est emparée de moi. Il habite auprès de la maison de ma mère, mais je ne puis me rendre chez lui."...

Extrait du "Commencement des dires de la Grande Joie du Coeur".
(Aude gros de Beler. "Vivre en Egypte au temps de Pharaon" )

Dans ces poèmes d'amour, la jeune fille est fréquemment appelée"soeur" et le jeune homme "frère". Ce sont des noms poétiques qui ne signifient nullement une consanguinité. Ces dénominations ont longtemps fait croire à des relations incestueuses répandues dans toute la population égyptienne. En réalité, il semble que seule la famille royale ait favorisé des mariages entre frère et soeur, père et fille...afin de préserver la filiation divine.

Cependant, certaines jeunes filles désespéraient de rencontrer leur futur époux. Elles s'adressaient alors à la déesse Hathor "qui entend les prières de chaque jeune fille qui pleure et espère en elle". Elles pouvaient également faire appel à la magie : des charmes étaient utilisés pour attirer l'amour d'un indifférent, des figurines de terre cuite ou de cire étaient envoûtées pour vaincre une rivale...

Le choix de l'époux

Même si les jeunes gens s'étaient promis l'un à l'autre, la décision finale incombait au père de la jeune fille. Souvent, il approuvait leur choix mais sa préoccupation majeure était d'assurer l'avenir de sa fille. Il choisissait "un homme de bien": un grand-père conseillait ainsi pour sa petite fille, "un mari prudent, mais pas forcément un mari riche".

On a fréquemment parlé d'inceste à l'époque pharaonique. Qu'en est-il ?
Dans la famille royale, il arrivait que le roi épouse l'une de ses filles ou de ses soeurs. la raison en était la préservation impérative de la filiation divine. Par contre, dans la population, il semble que l'inceste n'ait pas existé ou en tout cas, ait été exceptionnel. La confusion vient en grande partie de l'utilisation courante des termes"frère" et "soeur" dans les poèmes d'amour mais il s'agit là de mots d'affection et non pas de parenté. Cette mode se serait établie vers la fin de la XVIIIe dynastie et persista pendant tout le Nouvel Empire (P. Montet).

Dans la classe paysanne, il n'était pas rare de voir des mariages entre cousins ou entre oncle et nièce afin d'éviter la division de la terre.
Au Moyen Empire, on a retrouvé la trace de grands propriétaires terriens ayant présenté des adolescentes de leur domaine à des hommes cherchant une "maîtresse de maison".

Fiançailles ? On ignore s'il existait une période particulière précédant le mariage, une fois que le père avait accordé son consentement. De même, on ne sait pas si un cadeau (tel une bague...) scellait cet accord . Par contre," pour confectionner un philtre d'amour, il suffisait de prélever un peu de sang du deuxième doigt près de l'auriculaire de la main gauche...qui était appelé - celui du coeur- " (C. Desroches Noblecourt. La femme au temps des Pharaons. p203).

Virginité . Selon C. Desroches Noblecourt, certains textes font penser que la virginité de la jeune épousée était très importante lors du mariage. Par contre, Joyce Tyldesley rapporte que la jeunesse des fiancées ne les empêchait pas d'avoir une activité sexuelle. Strabon décrit une jeune fille de noble naissance, dévouée au service d'Amon: "Elle se prostitue et couche avec qui elle veut jusqu'au moment où survient la purification de son corps". Cette purification du corps signifie l'apparition des règles.


Le temps s'est écoulé. Titaou est maintenant parfaitement capable de tenir son rôle de maîtresse de maison, nebet-per, et elle a acquis une grande habileté dans l'art du tissage des étoffes.

De plus, amatrice de musique et de chant, elle a développé ses dons et est entrée, au temple, dans le corps des chanteuses d'Amon. Cette corporation accepte des recrues d'origine relativement modeste et leur permet de participer à des cérémonies religieuses. Elle répète souvent sous la direction d'un professeur de musique très soucieux de perfection et en retire beaucoup de plaisir.

Elle apprécie d'autant plus cette activité au temple qu'elle se rapproche ainsi d'Ahmosé qui poursuit, avec succès, son apprentissage de scribe. Son intelligence et son zèle le font apprécier et on lui confie désormais la transcription de textes sacrés.

Le moment est venu de penser à l'avenir. Ahmosé est décidé, il va demander au père de Titaou de lui donner sa fille comme épouse. La sécurité du futur ménage est assurée car la fonction d'Ahmosé au temple est rémunératrice et stable. Il n'y a donc aucune raison que Haty s'oppose au souhait des jeunes gens.

 

la suite de l'histoire...