Hatshepsout
(1503-1479 av.JC.)

 

 

 

Hatshepsout pose une énigme.

Pourquoi ses représentations ont-elles été systématiquement détruites? Qui lui en voulait à ce point ? Quels furent ses crimes ?
Des romanciers se sont emparés de sa biographie et emportés par la passion de l'Egypte, l'ont interprétée de manière personnelle mais non nécessairement historique.
On a voulu voir dans la destruction des images de la pharaonne, une vengeance du pharaon Thoutmosis III brîmé pendant des années par cette femme au caractère dominateur. Il semble que cette hypothèse soit erronée et l'égyptologue, Christiane Desroches Noblecourt avance de solides arguments en faveur d'une autre théorie.

 

Mais reprenons l'histoire par son début....

 

JEUNESSE

 

Hatshepsout naît à Thèbes, vers 1495 av.JC, probablement en l'an 12 du règne d'Aménhotep Ier. En l'admirant, sa mère s'écrie "Hat-Shépésout" ("elle est à la tête des Nobles Dames") et ce nom lui restera.

Le noble Thoutmosis, son père, n'est pas directement apparenté à la famille régnante mais il se peut que lui et son épouse, Ahmès, appartiennent à une branche collatérale de la famille (Ahmès serait la soeur d'Aménhotep I).

La petite fille passe ses premières années auprès de ses parents et de sa nourrice, Sat-Rê. Elle n'est pas enfant unique: on lui connaît une soeur cadette, du nom de Néféroubity. De plus, elle a trois demi-frères, nés de l'épouse secondaire Moutnéféret: imenmès, Ouadjmès et le petit Thoutmosis. Ce dernier paraît plus robuste que ses frères mais il est peu éveillé.

Elle a 8 ou 9 ans, lorsque le roi Amenhotep I meurt sans laisser d'héritier. La succession a été prévue et la reine-mère Ahmès-Nefertari a participé activement au choix de Thoutmosis, brillant officier, compagnon d'armes du roi défunt. Il devient pharaon sous le nom de Âa-Khéper-Ka-Rê (Thoutmosis I). Dès lors, hatshepsout et sa soeur deviennent princesses royales et l'éducation de l'aînée est confiée à un précepteur, Ahmès Pen-Nekhbet. Très tôt, elle semble révéler une grande vivacité d'esprit.

En principe, les fils aînés de pharaon sont destinés aux plus hautes charges: Imenmès suit l'éducation militaire des princes royaux et devient un brillant officier, général de l'armée dès l'âge de 15 ans. Quant à Ouadjmès, son état de santé est précaire et il semble vivre dans un monde à part.

En l'an II de son règne, Thoutmosis I organise une expédition vers le pays de Koush. Un peu plus de quatre mois après son départ, la jeune hatshepsout étant au temple de Louxor, a soudain une "vision" ainsi qu'elle le rapporte elle-même dans l'inscription qu'elle fait graver sur l'un des murs de la "Chapelle Rouge":

"L'an II, le 2e mois de Pérèt, le 29e jour...fut celui de proclamer mienne les Deux Terres dans la cour large du "Harem du Sud". Voici que sa Majesté rendit un oracle en présence de ce dieu parfait (le roi).
Et mon père (le dieu) apparut dans sa belle fête "Amon, chef des dieux". Il entraîna Ma Majesté [dans la suite ?] du roi bienfaisant et il multiplia les oracles me concernant à la face de la terre entière".

(traduction Cannuyer)


(extrait de Christiane Desroches-Noblecourt)

Il est probable que le pharaon a préparé cette mise en scène, avec la complicité des prêtres d'Amon, afin de soutenir la future accession au trône de sa fille. Elle, seule, est née de la Grande Epouse Royale Ahmès et de plus, ses qualités intellectuelles sont nettement plus appréciables que celles de ses demi-frères. Il n'est donc pas étonnant que son père la favorise pour la succession. Dès ce moment, elle l'accompagne de plus en plus fréquemment et, notamment, dans une visite vers le nord du pays. Pharaon la présente aux hauts fonctionnaires comme son héritière lors d'un discours. Il parcourt avec elle, les sanctuaires autour de Memphis afin de la présenter aux différentes divinités. Nul doute ! elle est destinée à régner ! On dit même qu'elle est nommée corégente de son père.

Une réserve, pourtant ! Tous ces récits qui permettent de reconstituer la vie de la grande reine, ont été gravés à sa propre demande sur les murs du temple de Deir el-Bahari. On peut se demander quelle est la part du mythe et celle de la réalité.

Remarquons toutefois qu'une inscription a été relevée à Karnak par M. de Rougé, confirmant que Thoutmosis I a présenté sa fille comme reine au dieu Amon et lui a donné un prénom royal (cf. E. Naville: Trois inscriptions de la reine Hatshepsou)

 

Mais reprenons l'histoire...

Hatshepsout a 13 ans et s'est totalement épanouie. On la dit très belle. En tout cas, elle se décrit ainsi:

"Sa Majesté s'est transformée, elle a grandi beaucoup et c'est beau de la voir plus que toute chose. Son apparence est celle d'une divinité; son comportement est celui d'une divinité; sa façon d'accomplir les rites est celle d'une divinité, son éclat est celui d'une divinité...(elle) est devenue une parfaite jeune fille florissante."


(extrait de Christiane Desroches Noblecourt: "La Reine Mystérieuse")

 

AGE ADULTE

 

 

Vers l'âge de 18 ans, Hatshepsout épouse son dernier demi-frère, Thoutmosis (âgé, lui, de 17 ans). On ne parle plus ni d'Imenmès qui a disparu sans qu'on n'ait de précision ni d'Ouadjmès, dont l'état de santé se dégrade progressivement.

Ce mariage paraît étonnant car il va à l'encontre de l'oracle de l'an II qui semble avalisé par la population depuis la tournée des sanctuaires. Pourtant, une stèle conservée au musée de Berlin évoquerait cette union et son approbation par la mère d'Hatshepsout, la grande Epouse Royale Ahmès (cf Christiane Desroches Noblecourt: "La Reine Mystérieuse Hatshepsout").

Un ou deux ans plus tard, Hatshepsout donne naissance à une fille: Néférourê.

On ne sait pas exactement quelle fut la durée du règne de Thoumosis I. On ignore également si son fils a été couronné sous le nom de Thoutmosis II avant la mort du pharaon et s'il a partagé le pouvoir en tant que corégent. Quoi qu'il en soit, hatshepsout est maintenant "Grande Epouse Royale". Elle porte, en plus, les titres de "Fille du Roi, Soeur du Roi, Epouse du Dieu".
Elle va mettre au monde une deuxième fille, Méritrê-Hatshepsout, peu de temps avant le décès de son époux. L'existence de cette princesse est discutée mais certains indices semblent bien confirmer sa réalité. En premier lieu, Ahmès Pen-Nekhbet qui avait été le précepteur d'Hatshepsout déclare qu'il a élevé la fille aînée, Néférourê. En second lieu, Senenmout affirme qu'il a "occupé un poste auprès de la plus jeune fille Hatshepsout aussi bien que de l'aînée.

Sénènmout et Néférourê. Diorite. Muséedu Caire

Sénènmout, jeune militaire, compagnon d'armes du roi, est choisi par lui pour succéder à Ahmès Pen-Nekhbet comme Père nourricier et Tuteur de Néférourê.
Il est représenté ici, tenant la petite Néférourê sur les genoux.

(cliquez sur l'image pour l'agrandir)

En l'absence d'héritier mâle, Thoutmosis II agit comme son père: il désigne pour lui succéder, le fils qu'il a eu d'une épouse secondaire (Isis). Le petit Thoutmosis est destiné à monter sur le trône.

Pendant cette période assez terne du règne de Thoutmosis II, Hatshepsout nantie de son titre d'Epouse du Dieu, partage les cérémonies religieuses et semble l'égale du pharaon sur les documents en notre possession. De plus, elle traite sa fille Néférourê comme l'héritière du trône en ignorant superbement l'existence du petit Thoutmosis. De cette époque également, date le début de la construction de la tombe qu'elle se fait creuser dans une falaise dominant un ouadi, à l'ouest de Thèbes (le Sikkat Taget Zeit). L'entrée de cette tombe était disposée de manière à ce que les rayons du soleil couchant y pénètrent, à l'équinoxe d'automne. Certains égyptologues, comme Christiane Desroches Noblecourt, voient dans l'entreprise de cette construction, l'influence grandissante de Sénènmout. Celui-ci joue un rôle de plus en plus important auprès du couple royal et surtout de la reine.

 

REGENCE

 

Quant Thoutmosis II meurt, après un règne court (3 à 13 ans selon les sources), son successeur n'a que 4 ou 5 ans et est donc trop jeune pour régner. Il est pourtant sacré sous le nom de Thoutmosis III et la grande Epouse Royale Hatshepsout (à la fois sa tante et sa belle-mère) exerce, tout naturellement, la régence. Une stèle placée sous le portique de la tombe d'Inéni (intendant des greniers d'Amon, d'Amenhotep I à Thoutmosis III) révèle cette inscription:

"[ Le roi ] monta au ciel et s'unit aux dieux. Son fils prit sa place comme roi des Deux Terres et il fut le souverain sur le siège de celui qui l'avait engendré. Sa soeur, l'épouse divine Hatshepsout, s'occupait des affaires du pays: les Deux terres étaient sous son gouvernement et on lui payait l'impôt. "

(Urk. IV 59, 13-60, 3 )

( extrait de Nicolas Grimal)

Il paraît évident qu'Hatshepsout gouverne réellement dès ce moment bien qu'elle ne porte pas encore le titre de "pharaon".
Au cours des années suivantes, son pouvoir s'affirme mais elle porte toujours les titres de Grande Epouse Royale et d'Epouse du dieu dont elle arbore le costume sur certaines représentations. Ainsi, sur un relief ( à Karnak), on la voit accomplir l'offrande royale du vin, en vêtement féminin typique de sa fonction d'épouse divine (longue robe moulante et sur la tête, deux hautes plumes).

Hatshepsout offre du vin à Amon, privilège réservé au roi. Scène gravée sur un bloc de calcaire trouvé à Karnak. Il provient probablement d'une chapelle démantelée construite par Thoutmosis II. On y trouve l'indication "maîtresse des deux Terres, Maat-ka-Ra".

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Il est remarquable que, dès cette époque, elle se fait appeler Maâtkarê ( "Maât est le ka de Rê"): elle n'a donc pas attendu d'être couronnée et de recevoir son prénom par les prêtres tel que le veut l'usage. Pourtant, elle semble respectueuse de la personnalité royale de Thoutmosis III car elle l'associe à ses entreprises.

Plusieurs statues assises ou en-pied de Hatshepsout ont été trouvées quasi intactes dans la carrière devant le temple de Deir el-Bahari où elles ont été culbutées sous Thoutmosis III.

Pendant cette période, elle s'occupe de réaliser un projet élaboré par le roi défunt: l'érection de deux obélisques en l'honneur d'Amon.
Le fidèle Sénènmout est chargé de l'entreprise. Evidemment, Hatshepsout n'a pas le droit de dédier elle-même ces "aiguilles solaires", droit réservé au souverain mais elle compte bien inscrire son nom et une inscription aux côtés de ceux de l'enfant-roi. Son père Thoutmosis I y figurera aussi. La description du transport de ces deux obélisques de granit rose depuis leur carrière d'extraction d'Assouan jusqu'à Thèbes est gravée sur un mur du temple de Deir el-Bahari (description précise du processus complété par des schémas dans l'ouvrage de Christiane Desroches Noblecourt: " La Reine Mystérieuse. Hatshepsout" p.87-97).

Ensuite, elle s'intéresse aux provinces du Sud et y fait restaurer des sanctuaires. Elle y associe le jeune roi et lui réserve même dans les temples des citadelles nubiennes, la place de fondateur. Certains temples sont restaurés, à la frontière nubienne, suite à son intervention: Kasr-Ibrim, île de Saï, Bouhen, Semna-Ouest, Semna-Est,

Puis, elle fait rouvrir les mines et carrières dans le Sinaï. L'exploitation du cuivre et de la turquoise est l'une des richesses du pays. Sur une inscription trouvée dans cette région, la reine est représentée vêtue d'une longue robe, la perruque recouverte des ailes du vautour royal et surmontée par les deux hautes plumes de l'Epouse du dieu. La régente porte donc encore les attributs féminins et pas encore la couronne. Cela date l'événement de l'an V du règne du petit roi.

Les régions du Sud sont encore le siège de troubles qu'Hatshepsout a réprimés mais elle programme une action plus spectaculaire contre la Nubie. Le but de cette expédition  militaire est certainement de mettre fin à une situation dangereuse mais peut-être aussi, de montrer qu'elle est digne de monter sur le trône. Une inscription gravée sur un mur du temple de Deir el-Bahari relate cette expédition militaire au pays de Koush. A l'issue du combat, il est probable qu'elle ait accompli le rituel de la "destruction de l'adversaire". On croit la reconnaître dans un relief sur la tour occidentale du VIIIe pylone de Karnak, construit par Hapouséneb mais sur lequel, il y a en surimpression Aménophis II. L'attitude est la même: le roi (peut-être Maâtkarê avant qu'on n'efface son image), en pagne court royal, portant une petite perruque à trois rangées de bouclettes, bras levé, tenant une arme dont il menace l'adversaire vaincu, genou à terre. Ce geste rituel est réservé au roi, défenseur suprême de l'Egypte.

 

L'AN VII....PHARAON !

 

Hatshepsout aurait pu se contenter d'être régente mais elle franchit un pas de plus: elle prend les attibuts de la royauté.

A partir de l'an VII du règne de l'enfant-roi, hatshepsout  se présente comme le roi de Haute et Basse Egypte. Elle rappelle les cérémonies qui l'ont intronisée et reprend à son compte certaines de celles qui étaient destinées au jeune Thoutmosis. Tous ces faits seront repris a posteriori, dans des monuments qu'elle fait ériger plus tard: ses obélisques de Karnak, son temple funéraire de Deir el-Bahari, le spéos Artémidos, la Chapelle Rouge.

La période la plus propice pour un couronnement avait été choisie par son père, Thoutmosis Ier: le jour de l'arrivée de l'Inondation qui fertilise tout le pays et constitue la réunion des Deux Terres. C'est le moment que choisit Hatshepsout pour abandonner son statut de Grande Epouse Royale, Epouse du dieu, et prendre celui de souveraine, corégente à la tête du pays. Elle obtient ainsi la confirmation de son pouvoir royal, avec l'appui du clergé d'Amon. Cette reconnaissance est nécessaire pour affronter les opposants politiques.

Les cérémonies du couronnement sont représentées sur les murs de la Chapelle Rouge. Le moment crucial est celui pendant lequel le dieu Amon se tenant derrière Hatshepsout agenouillée devant lui, va lui poser sur la tête les neuf couronnes, l'une après l'autre. Ensuite, le prêtre ritualiste va donner sa titulature:

Le Grand Nom d'Horus:
"Ousérèt-Kaou " (la puissante de Kas)
Le grand Nom, aimée des Deux Déesses:
"Ouadjet-rènpout" (la florissante en années)
Le Grand Nom d'Horus d'or:
"Nétérèt-khâou" (la divine d'apparitions)
Le Grand Nom, Roi de Haute et de Basse Egypte:
"Maât-ka-Rê vivante pour toujours"
Le Grand Nom de Fille du Soleil:
"Hatshepsout"

(extrait de Christiane Desroches Noblecourt: "La Reine Mystérieuse")

La scène du couronnement est représentée sur un certain nombre de monuments érigés par la reine et notamment ici, sur le pyramidion d'un des obélisques, actuellement écroulé, qui s'élevait entre les 4e et 5e pylones à Karnak:

Le dieu Amon coiffe la reine du Khépéresh, insigne du pouvoir royal. Hatshepsout est agenouillée, torse nu et vêtue d'un pagne court masculin.
(cliquez sur l'image pour l'agrandir).

Sur les murs de son temple de Deir el-Bahari, elle justifie sa "prise de pouvoir" par le mythe de la naissance divine ou "théogamie": ce récit découpé en 15 scènes se trouve dans ce que l'on a appelé le "hall de la naissance". En voici le résumé:

Amon annonce à une assemblée de divinités, son intention d'être le père d'un nouveau roi . Il envoie Thot chez les humains pour trouver la mère de ce futur roi. Cette dernière est trouvée à la Cour Royale, sous les traits de la Grande Epouse Royale Ahmès et Thot y conduit Amon. Le dieu approche la reine comme s'il était son époux mais soudain, elle le reconnaît et lui permet de jouir d'elle; En la quittant, Amon donne le nom de sa future fille: "Hatshepsout-khénémèt-Amon" c'est-à-dire "celle qui s'unit à Amon, la première des nobles". En partant, le dieu laisse ces paroles:

"Elle exercera une royauté bienfaisante dans ce pays tout entier. A elle mon ba, à elle ma puissance, à elle ma vénération, à elle ma couronne blanche!  Assurément, elle règnera sur les Deux Pays, et elle guidera tous les vivants....

(d'après Christiane Desroches Noblecourt: "La Reine Mystérieuse")

La suite du récit narre comment Khnoum, le potier divin façonne l'enfant et son ka selon les instructions d'Amon. On assiste à la naissance en présence de nombreuses divinités et à la présentation de l'enfant à son père divin.

A partir de son couronnement, il semble qu'Hatshepsout ait abandonné ses fonctions d'Epouse du dieu dont elle transmet la charge à sa fille Néférourê. Il est évident que devenue pharaon, elle ne peut plus assumer son rôle auprès d'Amon, à savoir "réveiller ses ardeurs"! Bien plus, elle modifie son comportement et se présente dorénavant comme un homme: elle porte la barbe royale et le pagne court royal.

à gauche:
Amon enlace Hatshepsout afin de confirmer l'investiture divine.

à droite:
La "course royale" d'Hatshepsout. Portant une paire d'aiguières, elle porte l'eau purificatrice à Amon.
(cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Chapelle Rouge, Karnak

 

Hatshepsout. Granit. Karnak. Musée du Caire.

 

Cependant, dans sa titulature, on ne trouve pas le titre de "taureau puissant" que portent en général les pharaons et les qualificatifs sont féminins tandis qu'Amon la traite toujours comme sa "fille".
D'autre part, elle ne peut pas renier son origine "non royale": son nom "Hatshepsout" la trahit! Aucune mention de divinité ! Pour combler cette déficience, elle ajoute à son nom, dans le cartouche: "Khénémèt-Imèn" c'est-à-dire "unie à Amon".

Par la suite, la reine possède toutes les prérogatives d'un souverain régnant mais elle les partage avec le souverain en titre. En grande majorité, les actes officiels sont signés par les deux co-régents et sur nombre de représentations, ils sont tous deux présents et seuls leur cartouches permettent de les distinguer. Sur les monuments édifiés par Hatshepsout et sur les actes officiels, l'association des deux corégents alourdit les textes et va entraîner une simplification: plutôt que de répéter tous leurs titres, on évoque uniquement leur résidence commune "Per-âa", le palais. Ce nom va donner naissance au terme "Pharaon" qui devient le titre du roi dès Thoutmosis III.

Pendant longtemps, on a pensé qu'Hatshepsout était une usurpatrice, ayant évincé le jeune Thoutmosis III du trône. Actuellement, on possède suffisamment d'arguments pour affirmer qu'il n'en est rien. Elle a exercé le pouvoir en corégence, permettant à l'enfant d'apprendre son métier de futur roi.